AVANCER EN SPIRALE

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L’image de la spirale est connue pour symboliser l’hypnose. Mais sait-on vraiment ce que cela peut signifier lorsqu’on sort des clichés de la spirale qui se meut au fond des yeux de l’hypnotiseur pour paralyser un être vivant ? Nous allons proposer une interprétation raccordée à l’approche thérapeutique.

Pour approfondir un objectif qui relève de la personne accompagnée, l’hypnose procède plutôt en spirale. Ce n’est donc pas tant de manière directe qu’elle aborde les problèmes, mais plutôt en les contournant par cercles concentriques, à l’image d’un derviche tourneur qui accomplit des figures autour d’un centre pour s’en rapprocher délicatement et élégamment.

Le thérapeute, lui, se meut de façon circulaire pour mieux cerner et encercler le problème de la personne qu’il accompagne. Il observe attentivement les contours pour s’approcher patiemment du centre, le levier de changement. Parfois, cela nécessite plusieurs séances.

Il s’agit alors plutôt d’une plongée en profondeur dans l’intériorité de la personne, tel un tourbillon, une plongée dans l’œil du cyclone, non pas pour mettre en avant le problème, mais pour l’aborder progressivement sous un autre angle et faire bouger le centre. C’est très différent d’une approche qui met en lumière le symptôme ou le problème de la personne, sur lesquels le thérapeute s’obstinerait à travailler sans prendre en compte les résistances et les ressources inconscientes de son sujet.

Affronter un problème de face, en ligne droite, ce serait comme forcer la main et comme imposer une vérité, un dogme. Par ailleurs, ce serait également passer à côté de plein d’informations sur le fonctionnement de la personne, pour aller directement se confronter à son problème.

Ce qui est passionnant avec l’hypnose, c’est qu’on ne part pas d’un postulat figé. Chaque personne vient avec son propre ressenti et sa propre vision du problème. Nous pourrions traiter 10 cas pour le stress par exemple, ce serait 10 cas différents à chaque fois. C’est du sur-mesure, et c’est ce qui fait l’intérêt de l’hypnose. De ce fait, les problèmes tels que stress, traumatismes, deuil, etc… sont toujours à approfondir, à méditer, à réfléchir pour le thérapeute. Cela fait de l’hypnose une pratique vivante.

A partir du moment où l’accompagnant établit une stratégie fixe par problème, avec un protocole à appliquer toujours de la même manière quelle que soit la personne, cela devient une pratique morte ; et en même temps, ce n’est plus de l’hypnose. L’hypnose, ça se vit de l’intérieur. C’est ce goût de l’aventure intérieure que le praticien transmet à la personne qui suit ses séances. C’est une découverte de sa véritable nature, à l’inverse des pratiques qui établissent des catégories dans lesquelles on enferme les gens (du type « vous avez tel problème, c’est parce que… »).

Avec l’hypnose, on ne cherche pas à raisonner, ni même à expliquer les choses consciemment au conscient, mais à mieux vivre les choses en soi, pour finalement s’accorder avec son propre monde intérieur et le monde extérieur. Et c’est ainsi que la personne qui consulte évolue également de manière spiralée. En effet, elle progresse, non pas en tournant en rond –ce qui serait sans issue-, mais en passant toujours sur une courbe supérieure, étape par étape, pour finalement, s’écarter du centre originel du problème.


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