RECADRAGE SUR LA METHODE COUE

hypnose_paris_15ème_mrhypnose_martinrabaud_autosuggestion« Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux »… Beaucoup de gens s’imaginent que la méthode Coué se résume à quelques phrases affirmatives que l’on se répète pour aller mieux ! Ce serait magique ! Mais c’est un peu plus profond que de simples autosuggestions positives.

Le père Emile Coué (1857-1926) était pharmacien de formation et s’intéressa profondément à la  psychologie. Et il avait poussé assez loin ses réflexions sur le psychisme humain. Naturellement, son parcours l’amena vers l’hypnose. Ce fut tout d’abord une rencontre avec le docteur Ambroise-Auguste Liébeault (médecin et psychiatre de l’Ecole d’hypnose de Nancy) qui lui donna de l’élan. Par la suite, leurs échanges affinèrent les recherches du docteur Coué.

Alors que la France restait engluée dans les théories freudiennes (et encore aujourd’hui avec les lacanistes), Coué fit plusieurs tournées outre-Atlantique et donna plusieurs conférences à l’étranger. Les Etats-Unis se mirent très rapidement à des pratiques plus psychiques et moins analytiques.

Coué développa ses théories sur la puissance de l’imagination : toute idée née de l’esprit devient une réalité dans l’ordre du possible ; nos pensées orientent nos actes ; l’imagination est plus forte que la volonté ; l’imagination peut être guidée par des autosuggestions ; l’effet placebo provient de l’imagination inconsciente et produit de réels effets d’amélioration sur la santé.  Tout cela est connu.

Ce que l’on sait moins, c’est que Coué avait un cabinet dans lequel il recevait ses patients et y donnait des séances d’hypnose (qui se mélangeaient à de la psychothérapie). Et c’est après que les patients eurent travaillé sur un objectif et noté des améliorations, donc après quelques séances, que le docteur leur préconisait des exercices à faire chez eux, exercices aujourd’hui considérés comme de l’autohypnose, et qui consistaient en des répétitions de litanies positives.

En pratique, il ne s’agit pas seulement de répéter des autosuggestions par les mots, mais sont aussi indiquées des  autosuggestions par les images (se représenter des images positives) et par le corps (changer de posture a une influence sur le mental). Il faut le faire avec un but précis en tête (donc défini lors des séances d’hypnose), sans effort conscient (s’attacher à une autre activité en même temps que l’on répète ses suggestions, par exemple) et à voix haute. La suggestion doit être positive (sans négation dans la phrase) et commence toujours par « Je ».

Aujourd’hui, la méthode Coué est tombée en désuétude, et l’hypnose a bien avancé depuis. On retrouve en hypnose moderne certains concepts de la pensée positive, dans le sens où une personne qui a des croyances limitantes sur elle-même peut transformer, sous hypnose, ces croyances qui laisseront la place à des pensées plus justes et positives. Par exemple, le « je ne me sens pas capable de » peut être remplacé par « je suis capable de ». L’histoire que la personne se raconte sur elle-même change de cadre en fonction de l’objectif de départ.

L’hypnose intervient de cette façon, notamment lorsque c’est stratégiquement opportun, sur les personnes qui ont subi, entre autres, de graves traumatismes. C’est aussi la base de la plupart des thérapies connues : sophrologie, EMDR, RITMO, coaching…


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